L'extra de l'ordinaire : mi stick mi raisin
Le bureau

L'extra de l'ordinaire : mi stick mi raisin

J’ai une passion dévorante pour le pain. Que ce soit le quignon de la baguette chaude en passant la porte de la boulangerie, le pain de mie japonais avec ses tranches d’une épaisseur non réglementaire dont le moelleux équivaut à un heureux matelas ou encore un toast de pur petit épeautre ultra grillé avec du beurre salé. Je les aime tous et la croisade mondiale contre le gluten n'a jamais eu raison de moi, résiste, prouve que tu existes.

Il va sans dire que je me suis lancée dans la confection de mon levain durant la pandémie de 2020 me sentant pousser des ailes de boulangère en devenir et que la seule réussite de ce CAP maison fut la focaccia car après tout, il faut peu de talent pour sublimer 500g de farine mélangé à 1 l d'huile d’olive.

“La curiosité est une gourmandise” et depuis des années j’applique cet adage en rentrant dans tous les fournils que je croise sur mon passage. D’abord la devanture car on juge toujours un livre par sa couverture on ne va pas se mentir. Ensuite l’odeur, pour peu qu’elle se soit d’aventure échappée sur le trottoir, elle a déjà un point de plus dans mon cœur. Le sourire de la personne qui se trouve derrière le comptoir, bien sûr que ça compte, et quel bonheur quand elle ose lancer “plutôt cuite ? celle-ci ? je vous le tranche ?”, un florilège de petits bonheurs à récolter comme les grains de blé que l’on va bientôt déguster. J’ai bien sûr une top liste de boulangeries de quartier où je vais chercher, au gré de mes besoins, les élus de la journée.

Aujourd’hui je voudrais vous louer les qualités d’une en particulier qui m’amène à faire un détour sur mon trajet mais qui mériterait un aller sans retour. Le florilège de bonnes choses que l’on peut trouver chez “Bread and Roses”, rue Madame à Paris, ne se comptent pas sur les doigts d’une main et il vous faudra plus qu’une visite afin d’avoir la chance d’en rapporter tous les délices. Je vous parlerais d’ailleurs à l’occasion de l’éclair au chocolat, mon gâteau préféré, ou de leur caviar d’aubergine qui se dévore à la petite cuillère. Revenons à notre élue du jour : le stick aux raisins.

Déjà il faut savoir que chez moi, pain aux raisins ne signifie pas viennoiseries en escargot avec de la crème pâtissière (en toute honnêteté je déteste ça) mais mot pour mot ce qui est dans le titre : du pain avec des raisins. Amateurs de fromages par ici et je n’aurais pas l’audace de vous expliquer le sommet qu’atteint un morceau de pain aux fruits secs tartiné de st Marcellin, dernier repas du condamné si un jour je dois me décider.

Lorsque vous rentrez dans la boutique, sur votre gauche, dans un ravissant panier vous trouverez une armée de petites ficelles, le plus mignon des bataillons, le plus ravissant des régiments. Toutes fines et parfaitement alignées, elles attendent sans vanité d’être désignées, elles regorgent de raisins secs et seulement de raisins secs et leurs deux extrémités pointues et grillées à souhait crient “personne ne peut me résister”. Oui j’imagine des dialogues avec du pain au muesli et ma vie intérieure est effectivement très riche. Si je devais vous donner un conseil, au-delà d’y goûter, ce serait de les acheter par paire car croyez-moi, vous en mangerez la moitié d’une sur le trajet.

Alors si vous aussi vous persistez et signez qu’on a encore rien inventé de mieux que les croûtons, les tartines ou les mouillettes je vous invite à tester ce bouquet de pain de la rue Madame car, croyez-moi, vous n’en laisserez pas une miette.